Mariage et liberté : que reste-t-il à chacun ?

7 Avr 2021 | 0 commentaires

Il peut paraître paradoxal de parler de liberté dans le mariage puisque celui-ci semble cousu avec l’épais fil des obligations. Ces obligations réciproques entre époux sont le nœud principal de la cohésion dans le ménage. Mais en fait, lesdites obligations sont également la traduction de la perte d’une part de la liberté de chacun des époux au profit du couple. Néanmoins, une autre part de liberté subsiste et résiste, chacun des époux ne se fond ni ne se confond complètement dans le mariage. Chacun continue de jouir de certaines libertés individuelles. Quelles sont-elles ?

La liberté professionnelle !

« Chacun des époux a le droit d’exercer la profession de son choix ». Cette disposition du code béninois des personnes et de la famille consacre la liberté professionnelle de chacun des époux et traduit le triomphe des principes de liberté et d’égalité.

Relativement au premier principe, l’un ou l’autre des époux peut, sans la contrainte d’obtenir l‘approbation préalable de son conjoint, choisir la profession qui lui convient et l’exercer sans que celui-ci ne puisse s’y opposer. Cela n’est que la conséquence logique du droit de travailler de chaque personne qui ne disparait pas en raison d’une union maritale. Relativement au second, la consécration de la liberté professionnelle des époux répond à un souci de permettre à la femme de jouir de la même liberté que l’homme dans le choix et l’exercice de sa profession. L’épouse peut sans l’accord de son mari s’adonner à l’activité de son choix.

Au surplus, la liberté professionnelle des époux s’accompagne de la capacité de disposer de ses biens personnels en pleine propriété dans le cadre de l’exercice de son activité professionnelle. Il peut les mettre en garantie ou encore les vendre sans devoir prendre l’avis de son conjoint.

Cependant, s’il est vrai que cette liberté professionnelle des époux est un pas dans la réalisation de l’égalité entre les sexes dans le mariage et que la réalité peut laisser paraitre qu’un grand nombre de femmes mariées exercent aujourd’hui une activité professionnelle séparée de celle de leur mari, elle cache néanmoins la réalité selon laquelle la persistance de l’épouse dans l’exercice d’une profession à laquelle son époux s’oppose peut être source de réelles difficultés pour elle dans le ménage.

La liberté financière !

En complément à la liberté professionnelle, chacun des époux jouit de la liberté financière. Cette dernière se présente sous forme d’une liberté de disposer de ses gains et salaires d’une part et une liberté bancaire d’autre part.

Chaque époux dispose d’une liberté dans l’administration des gains et salaires qui sont les siens. C’est une suite logique de la liberté professionnelle. Ces gains et salaires désignent les revenus professionnels ou ceux résultants de l’activité exercée ainsi que les primes ou autres avantages pécuniaires comme les dividendes, les bénéfices ou même les droits d’auteur. Chacun gère ses gains et salaires de façon autonome. Mais il doit préalablement s’acquitter de sa contribution aux charges du ménage. Au cas contraire, l’autre conjoint peut obtenir par décision de justice l’autorisation de saisir-arrêter et de toucher la part qui devait être réservée au ménage.

Ensuite, faut-il ajouter que la liberté bancaire est l’autre aspect de la liberté financière. Elle suppose que chaque époux peut librement, sans le consentement de l’autre, ouvrir tout compte de dépôt ou de tire en son nom. C’est l’indépendance bancaire. Cependant, cela ne peut être aux dépens de ressources communes à la famille. Autrement dit, l’époux qui exerce sa liberté bancaire ne peut approvisionner ses comptes en disposant des biens et ressources appartenant au couple.

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