Pratiquer un avortement thérapeutique au Bénin : les conditions selon la loi.

18 Août 2020 | 0 commentaires

La criminalisation de l’avortement  se relativise avec le temps. Ainsi, lors d’une grossesse révélée dangereuse pour la femme enceinte ou pour le fœtus, un avortement thérapeutique peut être décidé dans le respect de certaines conditions. L’avortement thérapeutique également appelé interruption médicale de grossesse (IMG), est une interruption de grossesse pour motif médical.

Quelles sont les conditions de réalisation de l’avortement thérapeutique ?

Selon les dispositions de l’article 37 du Code béninois de déontologie médicale, il ne peut être procédé à un avortement thérapeutique que si cette intervention est le seul moyen susceptible de sauver la vie de la mère.

Lorsque la sauvegarde de la vie de la mère gravement menacée exige soit une intervention chirurgicale, soit l’emploi d’une thérapeutique susceptible d’entraîner l’interruption de la grossesse, le médecin traitant ou le chirurgien devront obligatoirement prendre l’avis de deux médecins consultants dont l’un pris dans la liste des experts près le tribunal civil qui, après examen et discussion, attesteront par écrit que la vie de la mère ne peut être sauvegardée qu’au moyen d’une telle intervention thérapeutique.

1ère condition : lorsque la vie de la mère est gravement menacée ;

2e condition : il faut que le traitement lié à la menace pesant sur la vie de la mère ait pour conséquence d’entraîner l’interruption de la grossesse. Autrement, s’il n’y a aucun lien entre le traitement et  l’interruption de la grossesse, il ne saurait y avoir avortement ;

3e condition : le médecin traitant ou le chirurgien doit obligatoirement prendre l’avis de deux médecins consultants agréés ;

4e condition : il faut une attestation écrite d’avortement thérapeutique.

Le médecin et la patiente sont-ils obligés de pratiquer l’avortement ?

En cas d’indication d’avortement thérapeutique, le médecin doit s’incliner devant le refus éventuel de la malade dûment informée. Cette règle ne peut supporter d’exception que dans les cas d’extrême urgence et lorsque la malade est hors d’état de donner son consentement.

Si le médecin en raison de ses convictions, estime qu’il lui est interdit de conseiller ou de pratiquer l’avortement, il peut se retirer en assurant la continuité des soins par un confrère qualifié.

Lorsque l’avortement ne réunit pas ces conditions, il devient une infraction pénale punie par l’article 622 du Code pénal en vigueur au Bénin.

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