Démêler la vérité du mensonge : comment procède la justice ?

5 Mar 2021 | 0 commentaires

Pour le Béninois Lambda, ce n’est pas toujours facile de démêler le vrai du faux surtout lorsqu’il s’agit de débat politique. Les uns et les autres disent tout et son contraire. En cette matière, chacun y joue de ses artifices. Comme on dit, chacun tire le drap de son côté selon ses intérêts du moment. Reconnaissons que le béninois lambda n’est pas vraiment outillé pour démêler le vrai du faux. Pour parvenir à la vérité, le Béninois lambda se fie généralement à quelques sources d’informations dont il ne maîtrise d’ailleurs pas la crédibilité. Il se fie le plus souvent à ses ressentis. Il est cependant possible de connaître la vérité. La vérité peut être connue à travers les décisions de justice tranchant un éventuel conflit né des divergences même politiques.

Comment la justice recherche-t-elle la vérité ?

La justice a en effet pour but de parvenir à la vérité, « à toute la vérité, rien que la vérité », à la vérité des faits et à la vérité du droit car la justice se doit d’être juste, bien entendu juste au regard des lois.

Les décisions de justice doivent refléter ou révéler la vérité.

Puisqu’elle doit parvenir à la vérité, la justice est quant à elle outillée pour la rechercher.

Le juge ne prend sa décision qu’à partir de preuves, de preuves authentiques. Il existe plusieurs sortes de preuves. Il peut s’agir de documents écrits, de constats d’huissier, de vidéo, de captures d’écrans, de sms, de mails, de témoignages, de constatations faites par le juge lui-même, d’expertise etc.

Lorsqu’une partie prétend qu’une preuve apportée par l’autre partie est fausse, il est alors important de procéder à une authentification. L’authentification consiste à déterminer si un élément, telle qu’une preuve est vraie ou fausse.

De nos jours, l’authentification est importante car les évolutions technologiques permettent de faire croire bien de choses fausses. Toutes sortes de montages sont possibles aujourd’hui.

L’authentification permet par exemple de déterminer qu’un sms a bien été envoyé par telle ou telle autre personne.

Le juge fait attention à chacune des preuves apportées par les parties et les vérifie. Il s’assure que les preuves apportées reflètent réellement la vérité et non pas ce qu’on a voulu leur faire dire.

En exemple, si une personne affirme qu’un sms contient une promesse ; le juge vérifiera si le sms contient réellement cette promesse, si le sms en question n’est pas uniquement la confirmation d’un déjeuner.

Lorsqu’il y a des témoins, le juge s’assure que ceux-ci ne sont pas manipulés. En présence de témoignages identiques comme deux gouttes d’eau, en présence de liens de parenté entre les témoins et les parties, le juge prendra avec beaucoup de précautions la version des faits racontée par certains témoins.

 

vérité

 

Comment se discutent les preuves devant le juge ?

Plus que les preuves, certains principes permettent de parvenir à la vérité. C’est par exemple, le principe du contradictoire qui est un principe essentiel du procès. Devant la justice, les preuves doivent être connues de toutes les parties et discutées par tous. Ce qui permet de démêler le vrai du faux.

En effet, il ne s’agit en aucun cas de surprendre l’adversaire ou l’autre partie. Chaque preuve remise au juge, chaque élément remis au juge doit avoir été préalablement portée à la connaissance de l’autre partie afin qu’elle puisse en contester la valeur et qu’elle puisse apporter la preuve contraire.

Les décisions de justice permettent de connaître la vérité lorsqu’il y a un conflit qui a été porté devant la justice. Les décisions définitives de justice sont présumées de façon irréfragable être le reflet de la vérité, de la vérité des faits et de la vérité du droit.

Il est cependant important de nuancer. La décision de justice n’est malheureusement pas toujours le reflet de la vérité. Combien d’erreurs judiciaires n’y-a-t-il pas ? Cela veut dire que la justice peut se tromper.

Lorsqu’elle ne s’est pas trompée, sa décision peut tout de même être contraire à la vérité des faits. En effet, les règles fixées pour les débats judiciaires peuvent parfois constituer des freins à la manifestation de la vérité.

C’est ainsi que les délais de procédure peuvent empêcher une partie de faire valoir ses arguments, le respect de la vie privée, le respect de la dignité humaine peuvent empêcher une partie de révéler des faits dont elle a connaissance, la préservation de l’ordre public peut faire que certaines données ne pourront être divulguées.

Il y a aussi certains obstacles de nature humaine qui peuvent constituer un frein à la manifestation de la vérité. L’absence d’indépendance d’un juge, le déficit de formation de certains acteurs de la justice etc., peuvent être autant de freins à la manifestation de la vérité.

Enfin, s’il est vrai qu’on peut savoir la vérité à travers les décisions de justice, il est tout aussi vrai qu’on peut malheureusement s’en éloigner dans certaines décisions de justice.

 

Cet article est un extrait de la Chronique Droit de savoir”  du mercredi 03 mars 2021. “Droit de savoir est une chronique de Légibénin présentée par Me Dédji KOUNDÉ tous les mercredis à 7H20 et en rediffusion les vendredis à 7H20 sur Radio BENIN.

 

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