11 janvier 2020

Stage en entreprise: quels droits pour le stagiaire au Bénin ?

 

Les administrations et les entreprises exerçant au Bénin font annuellement appel aux services de milliers de stagiaires. Que ce soit dans le cadre d’un stage académique ou d’un stage de professionnalisation, ces stagiaires, pour la plupart jeunes, mettent durant des années leurs compétences et savoir-faire au service de ces entreprises même si officiellement, ils y sont accueillis pour apprendre ou renforcer leurs compétences.

Comment le législateur béninois appréhende-t-il le statut de stagiaire ?

Le stage est une période de formation, d’apprentissage ou de perfectionnement en entreprise qui permet d’acquérir de nouvelles compétences professionnelles.

Le code béninois du travail n’accorde la qualité de stagiaire qu’à une personne reconnue comme ayant la qualité de travailleur dans une entreprise et qui s’inscrit dans un but de perfectionnement, d’éducation physique et sportive (article 159 du Code du Travail). Ce stage est donc distinct de celui qui est effectué par les jeunes diplômés ou les chercheurs d’emplois en quête d’expérience professionnelle.

Autrement, si l’on devrait uniquement se référer à la législation béninoise, le stagiaire tel qu’il est connu dans la pratique administrative, n’existe pas devant la loi.

Pourtant, si dans toutes les législations, les stagiaires ne sont pas considérés comme des salariés, puisqu'ils ne signent pas un contrat de travail avec les entreprises ou les administrations, mais plutôt des conventions de stage ; ils ont tout de même un statut juridique contrairement au Bénin où aucun texte législatif ne leur reconnaît cette qualité.

Il faut se référer à des circulaires administratives opérant des répartitions de stagiaires au sein des services des administrations publiques pour comprendre qu’implicitement, leur utilité est reconnue sans que des droits ne leurs soient attribués.

Comment faut-il organiser le statut du stagiaire ?

Dans la plupart des pays qui reconnaissent un statut juridique et par ricochet des droits et obligations au stagiaire, un certain nombre d’encadrements ont été institués. Il faut par exemple une convention de stage rédigée en bonne et due forme qui doit comporter un certain nombre de mentions obligatoires notamment :

  • - les compétences à acquérir ou à développer au cours du stage ;
  • - les activités confiées au stagiaire ;
  • - le montant de l'éventuelle gratification versée au stagiaire et les modalités de son versement ;
  • - le régime de protection sociale dont bénéficie le stagiaire ;
  • - la liste des avantages accordés à ce dernier (restauration, transport... ;
  • - etc.

Il faut donc que le législateur béninois se penche sur la question du statut juridique à accorder au stagiaire. C’est une question de garantie des droits fondamentaux au travail.

Certains Etats africains ont déjà intégré à leur réglementation, la reconnaissance du statut de stagiaire. En Côte d’ivoire, on distingue par exemple deux types de stages :

  • -  le stage-école dans lequel le stagiaire rejoint l’entreprise et y sert dans le but en vue de compléter et valider une formation (ou un diplôme) délivrée par une école ou une université.
  • -  le stage de qualification ou d’expérience professionnelle qui permet de se perfectionner et de parfaire ses compétences.

En outre, l’Etat ivoirien met à la charge des entreprises le versement d’une indemnité au stagiaire et sa déclaration à la Caisse Nationale de Protection Sociale.

Une telle avancée serait significative et salutaire au Bénin, notamment au regard du nombre élevé de stagiaires que comptent les entreprises et des abus quotidiens dont ils sont silencieusement victimes.

 

Lire dans la même rubrique:

RÈGLEMENT DES CONFLITS ENTRE EMPLOYEUR ET TRAVAILLEUR : QUELLES DÉMARCHES SELON LA LÉGISLATION BÉNINOISE ?

 

SMIG AU BÉNIN : UNE IGNORANCE QUI COÛTE CHER À L'EMPLOYÉ.

 

Last modified on samedi, 11 janvier 2020 04:43