10 décembre 2018

Le Préambule de la constitution béninoise, véritable définition de la démocratie, entendue par le constituant.

Le Mardi 11 décembre 1990, une nouvelle ère venait de s'annoncer en République du Bénin: celle de la démocratie et des droits de l'homme. La Constitution béninoise adoptée par le référendum constituant du 2 décembre 1990 venait d'être promulguée par le président de la République, Chef de l'Etat, Mathieu KEREKOU. Dans le préambule de ce texte historique, on peut noter des valeurs cardinales qui fondent la consécration de l'Etat de droit et de la démocratie au Bénin:

1-   Le rejet de tout régime politique fondé sur l'arbitraire, la dictature, l'injustice, la corruption, la concussion, le régionalisme, le népotisme, la confiscation du pouvoir et le pouvoir personnel;

2-  La volonté de défendre la place du Bénin et son rôle de pionnier de la démocratie et de la défense des droits de l'Homme en Afrique;

3-   La volonté de créer un Etat de droit et de démocratie pluraliste, dans lequel les droits fondamentaux de l'Homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus comme la condition nécessaire au développement véritable et harmonieux de chaque Béninois tant dans sa dimension temporelle, culturelle, que spirituelle;

4-   L'attachement aux principes de la démocratie et des Droits de l'Homme, tels qu'ils ont été définis par les instruments universels et régionaux de protection des droits de l'homme;

5-   L'attachement à la cause de l'unité africaine er de l'intégration sous-régionale et régionale.

 Exactement vingt-huit années après la promulguation de l'aube des droits de l'homme, du pluralisme, il est important de procéder à une évaluation de l'état de ces valeurs, au regard des réalités socio-culturelles changeantes.

 

 

« NOUS, PEUPLE BENINOIS,

- Réaffirmons notre opposition fondamentale à tout régime politique fondé sur l'arbitraire, la dictature, l'injustice, la corruption, la concussion, le régionalisme, le népotisme, la confiscation du pouvoir et le pouvoir personnel;

- Exprimons notre ferme volonté de défendre et de sauvegarder notre dignité aux yeux du monde et de retrouver la place et le rôle de pionnier de la démocratie et de la défense des droits de l'Homme qui furent naguère les nôtres;

- Affirmons solennellement notre détermination par la présente Constitution de créer un Etat de droit et de démocratie pluraliste, dans lequel les droits fondamentaux de l'Homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus comme la condition nécessaire au développement véritable et harmonieux de chaque Béninois tant dans sa dimension temporelle, culturelle, que spirituelle;

- Réaffirmons notre attachement aux principes de la démocratie et des Droits de l'Homme, tels qu'ils ont été définis par la Charte des Nations Unies de 1945 et la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948, à la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples adoptée en 1981 par l'Organisation de l'Unité Africaine, ratifiée par le Bénin le 20 janvier 1986, et dont les dispositions font partie intégrante de la présente Constitution et du droit béninois et ont une valeur supérieure à la loi interne ;

- Affirmons notre volonté de coopérer dans la paix et l'amitié avec tous les peuples qui partagent nos idéaux de liberté, de justice, de solidarité humaine, sur la base des principes d'égalité, d'intérêt réciproque et de respect mutuel de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale;

- Proclamons notre attachement à la cause de l'Unité africaine et nous engageons à tout mettre en œuvre pour réaliser l'intégration sous-régionale et régionale;

- Adoptons solennellement la présente Constitution, qui est la Loi Suprême de l'Etat et à laquelle nous jurons loyalisme, fidélité et respect.»

Extrait du préambule de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990.

 

Last modified on mardi, 11 décembre 2018 00:14