24 avril 2019

L’ancien greffier en chef du Tribunal de Première Instance de Cotonou condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

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Ce mardi 16 avril 2019, la Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme (CRIET) a clôturé sa première session criminelle au titre de l’année 2019. Au titre de cette session, la juridiction dirigée par le Président Cyriaque DOSSA, saisie par le Ministère public, s’est penché sur le dossier de l’ex Maître Abou Seidou, ancien greffier en chef du TPI de Cotonou.

Rappelons-le, à la faveur d’un premier conseil des ministres tenu le 25 avril 2018, le gouvernement avait eu à se pencher sur des anomalies relevées au greffe du Tribunal de première instance de Cotonou, des incohérences d’une ampleur considérable de l’ordre d’un déficit d’un milliard cinq cent quinze millions cinq cent cinquante mille trois cent onze (1.515.550.311) FCFA dans la gestion du greffier en chef, dudit tribunal, couplées de soupçons de corruption.

Par la suite, et plus récemment, le Conseil des Ministres du 27 mars 2019 a révélé le contenu d’un rapport commandité par le gouvernement, dont il ressort que les montants distraits par l’ex-Greffier en chef, Me Abou Seidou, entre 2011 et 2017, se chiffrent autotal à la somme de trois milliards cent quatre-vingt-trois millions quatrecent quarante-sept mille deux cent quatre-vingt-six (3.183.447.286) FCfa au lieu d’un milliard cinq cent quinze millions cinq cent cinquante mille trois cent trente et un (1.515.550.331) FCfa initialement découvert.

Il lui est reproché devant la juridiction, des faits qualifiés d’abus de confiance aggravé, d’enrichissement illicite, de vol de documents administratifs, d’abus de fonction et d’exercice illégal des activités de micro-finances.

C’est donc saisie de cette affaire qui entache la crédibilité des juridictions nationales que le procès, s’est soldé par sa condamnation par défaut à une peine de réclusion criminelle à perpétuité. Notons qu’on dit qu'une décision a été rendue par défaut lorsque l'une des parties n'a pas comparu, quelle qu'en ait été la raison, mais que la Cour a cependant prononcé une décision.

Placé sous mandat d’arrêt, il devra en outre rembourser les sommes détournées et devra également payer une amende de 800 millions FCFA à titre de dommages et intérêts, sans compter la saisie de ses avoirs en banque et de ses biens immeubles.

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